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03 février 2021
Vie des entreprises des diplômés

La Saga des Entreprises Made in France

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Nous vous présentons "Ma Petite Française" une microbrasserie 100 % made in France, bio et verte, jeune entreprise fondée par François-Charles Petit (promo 2006)

 

 Quel a été ton parcours depuis ta sortie de l’école ?

En 2006, j'ai terminé mon cursus à l'ESSCA par un stage longue durée au sein du groupe Ubisoft en qualité d'assistant CRM. Sans réelle perspective d'embauche puisqu'aucune création d'emploi n'était prévue dans ce service, je me suis donc mis en recherche de mon premier travail.

Fort de mon expérience au BDE de l'école, j'ai répondu à une annonce du groupe Heineken qui recherchait un Animateur des Ventes pour l'Univers de la CHD. J'ai donc rejoint cette grande entreprise familiale (4e génération) en Février 2007, en débutant par la région Centre (Cher/Nièvre/Creuse/Allier). Au bout de 11 mois, j'ai été rapatrié sur Paris pour y exercer la même fonction. 

3 ans après, j'étais promu Responsable de Clientèle suite à une création de poste chez un entrepositaire d'IdF. J'avais alors en charge le développement de l'activité commerciale avec ce partenaire de la Distribution ainsi que l'étude, l'instruction et le montage des dossiers de prêts brasseur.

Idem 3 ans après, on me confiait les rênes du plus gros entrepôt de France, à savoir France Boissons Paris.

En 2016, sur mes recommandations, ma Directrice Nationale, créait le poste de Compte Clé CHD Traditionnel IdF (en complémentarité avec le poste existant de Compte Clé CHD 3e Marché). Je devins l'interlocuteur unique de "Gros Propriétaires" non-chaînés. Cela nous permit de gagner en crédibilité vis-à-vis d'eux (un interlocuteur unique pour tout ce qui est financement, investissements capex, politique commerciale, moyens commerciaux …) et de mieux maîtriser notre niveau de contribution.

L'aventure dura à nouveau 3 ans, jusqu'à mon départ du groupe en Mai 2019 pour me consacrer à plein temps à mon projet professionnel.

 Comment es-tu arrivé d’un grand groupe de Bière à une microbrasserie ?

Heineken est un industriel majeur dans le monde de la brasserie. N°2 mondial, leader sur le marché Français, 1 500 collaborateurs en France entre l'entité Heineken France et le groupe France Boissons (filiale de distribution intégrée). C'est naturellement une très belle école de ventes. Les moyens matériels sont conséquents, le portefeuille de marques impressionnant. Et les moyens sont à la hauteur des ambitions..

Toutefois, et comme dans chaque grand groupe, il y a souvent un écart entre la Communication et la réalité du terrain. Et les entreprises évoluent au gré des politiques managériales. Aussi, ne me retrouvant plus dans les valeurs du groupe et en ayant ras-le-bol du gaspillage propre aux grandes entreprises, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure de l'entrepreneuriat.

J'avais ce projet dans un coin de ma tête depuis un petit moment. Alors, comme j'adore l'univers dans lequel j'évolue depuis ma sortie de l'ESSCA, un univers convivial & festif, avec une diversité d'intervenants, je me suis dit : "pourquoi ne pas tenter de créer une brasserie fidèle à mes valeurs ?". Une brasserie respectueuse de l'environnement et qui valoriserait tous les acteurs du monde brassicole français et de la Bio. C'est ainsi qu'avec 2 amis de longue date aux situations équivalentes (jeunes papas de 2 petits enfants), nous avons décidé de lancer Ma Petite Française. Nous avions une expérience professionnelle solide, un réseau important et plein de bonne volonté à revendre !!!

 Peux tu nous présenter ta marque ? 100 % made in France, bio et verte

​Ma Petite Française, c'est le pari un peu fou de 3 amis rêveurs.

Proposer à nos consommateurs des bières - de qualité, 100% Françaises,100% Bio, et 100% engagées pour la préservation de la Planète avec un objectif de balance carbone nulle grâce à un système de livraison en utilitaire électrique et un partenariat avec l'association MiniBigForest pour compenser notre empreinte en Amont.

 

L'idée étant que nos consommateurs puissent être consom'Acteurs. Quoi de mieux que de consommer un produit festif et convivial sans empreinte pour notre Terre ? Mais nous ne voulions pas que cet engagement environnemental soit juste une démarche RSE "commerciale" comme chez tous les grands groupes. Nous voulions que cela fasse partie de l'ADN de MPF. Pourquoi ? Car le constat est là ! Si nous continuons à consommer de manière égoïste comme nous le faisons actuellement, sans se soucier des répercussions de nos actes sur l'écosystème, alors nous allons droit dans le mur. Et que restera-t-il alors à nos enfants.. ? C'est pourquoi, dès la création de l'entreprise nous avons adhéré au programme 1%fortheplanet, en reversant 1% de notre CA à cet organisme qui subventionne plein d'associations qui oeuvrent pour la préservation de la Planète.

 

 

Qu’est ce qui, à ton avis explique que les microbrasseries suscitent toujours autant d’engouement ?

​Car le consommateur est toujours en recherche de nouveautés. Il aime découvrir, expérimenter. En outre, la prise de conscience de la nécessité de consommer local pour réduire notre impact contribue à développer une appétence pour le craft. 

De plus, pour les revendeurs, les patrons de bar, il y a un triple intérêt à jouer à fond la carte des microbrasseries.

1) cela leur permet de se différencier vs les concurrents,

2) cela leur permet de légitimer leurs tarifs vs la grande surface car le consommateur n'a pas d'élément tarifaire de comparaison contrairement aux bières industrielles,

3) enfin, cela ré-ancre le rôle d'expérientialité du bar. En effet, historiquement les consommateurs se rendaient dans les bars car c'était le seul endroit où boire des bières pression. Mais maintenant que les grands groupes industriels de bière ont rendu cette technologie accessible à domicile, ce n'est plus le cas ... Alors que là, avec les bières crafts, les consommateurs viennent de nouveau découvrir des petites pépites. En outre, ces bières favorisent la prescription (et donc les ventes). Les patrons de bar parlent enfin de région, de matières premières, de saveurs ... comme ils le faisaient de tout temps sur le vin notamment. Quand l'on sait qu'en 1970, il ne restait plus qu'une soixantaine de brasseries en France pour près de 2000 en 2020 !!!. Les microbrasseries ont donc de beaux jours devant elles. 

 Quels sont les modes de distribution?

​Il existe 2 circuits traditionnels de distribution pour la bière en France. L'Alimentaire (et donc la GMS) vs le Non-Alimentaire (CHD, Bars, Cavistes, Restauration Collective, Traiteurs ...). Mais avec le contexte actuel, on voit de plus en plus d'offres de BtoC avec livraison à domicile ou retrait en brasserie. Ce dernier est davantage exploité par les microbrasseries plus "souples" et plus "réactives" dans la mise en place d'une telle logistique. De leur côté, les industriels préfèrent s'adosser à des professionnels de la livraison (grossistes, confiseurs, distributeurs ...). Ils ne font que très rarement de vente en directe. 

 Peux tu nous indiquer quelques points de vente pour découvrir tes bières ?

Je pense notamment à la Cave d'Alex à Nanterre (Meilleur Jeune Caviste de France 2020) /PhiloVino dans le 9e (cave de l'oenologue Bruno Quenioux créateur de la Bibliothèque des Vins des Galeries Lafayette) / La Maison Plisson dans le 1er et le 3e (fameuses épiceries parisiennes) /Les 3 Soeurs dans le 15e (épicerie Bio engagée) / Le Pinocchio dans le 14e (1er client CHR et brasserie réputée pour ses délicieuses pizza) ...

 Ton activité a-t-elle été impactée par la crise sanitaire que nous traversons ?

​Ô que oui 🙁. 

Initialement, le coup d'envoi de notre premier brassin était prévu pour le 1er Avril 2020 !!! Nous avons donc dû reporter nos débuts. Nous avons réellement débuté  l'aventure MPF .. deux jours avant le 2e confinement. Sachant que notre BP avait été bâti à 80% sur le CHR (Café, Hôtels, Restaurants)... Donc autant dire qu'il a fallu se réinventer avant même d'avoir commencé. Du coup, nous avons mis en place une offre de livraison à domicile pour les particuliers et les entreprises alors que cela n'était prévu qu'à horizon de la 2ème année d'activité.

Mais, il faut prendre les choses avec philosophie. Avec un peu de recul, c'est peut-être un mal pour un bien. Cela nous a permis de bien approfondir toutes les cibles "secondaires" de type cavistes, épiceries bio, jardineries ... Cela nous a permis de nous aguerrir sur la partie prod', logistique, gestion des stocks, facturation, livraisons ... tout en créant un début de notoriété de marque sur les réseaux sociaux. Après 3 mois d'activité, nous avons maintenant une croissance saine, maîtrisée et de belles perspectives lorsque les bars et restaurants seront autorisés à réouvrir. 

Et puis sait-on jamais, on espère être le prochain buzz des réussites françaises en période de Covid. On sent beaucoup de bienveillance de la part des consommateurs et des personnes que l'on rencontre et à qui on présente notre marque ... 

As-tu un message à faire passer ?

N'oubliez jamais de penser par vous-même. Si je retiens bien une chose de mes années ESSCA, c'est que la persévérance, l'abnégation et le discernement payent. Les grands groupes sont de magnifiques écoles du travail et vous permettront de monter en compétence. Mais ils ne doivent pas vous "formater" ni vous retirer votre droit d'avoir votre conception personnelle du business. Alors, osez, tentez ! Soyez le plus transparent possible avec vos clients externes comme internes. Inspirez-vous des bonnes pratiques et servez-vous en comme d'un élément supplémentaire de motivation. Et surtout restez fidèles à vos valeurs.  




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